♫ : Libre comme l'Eau ~ Ina-Ich
...J'en suis encore toute retournée o_o
Comment un homme peut-il se marier avec une femme, avoir un enfant avec elle... Par la suite ne plus s'entendre avec elle, divorcer (ce schéma est pour l'instant tout ce qu'il y a, malheureusement, de plus banal), et ensuite de se mettre à persécuter son enfant et son ex-femme à l'aide de sa nouvelle compagne et de sa famille ? Je vais vous dire comment. Et je ne pense plus tant à présent que la famille est forcément un groupe de gens en qui l'on peut avoir confiance.
Il y a 2 semaines de ça, ma correspondante (appellons-la Pia) devait aller au gala du lycée de sa cousine. Ce qui n'a, en soi, rien d'anormal. Et pourtant. La veille de gala, je descends prendre mon Brötchen habituel (<3), et Pia m'interpelle (je traduis, c'est plus simple pour tout le monde :D) : "Euh, Pauline, 'faut que je te dise quelque chose". Moi, gentille fille que je suis, m'asseois sur mon derrière et écoute ce que ma chère corres' a à me dire. Je ne me serais jamais attendue à ce qui a suivi. Elle me dit qu'elle n'aime pas beaucoup sa cousine. Je confirme, rien que le fait de voir sa photo la fait râler pendant un bon quart d'heure. Puis elle commence à me parler de son père et de sa nouvelle copine (ah, oui, je dois préciser que la mère de Pia est française, elle n'a donc comme famille en Allemagne que sa fille). Elle me raconte que cette femme (la copine) est à l'origine de l'aversion mutuelle entre son père et elle. Qu'elle souffre, selon ses dires, d'un cancer, et qu'elle ne fait rien pour arranger ça : elle fume, boit à tout va.
Mais aussi que lorsque qu'elle (Pia) et sa mère ont déménagé, son père et sa compagne ont envoyé régulièrement des personnes pour les battre, sa mère et elle.
Il y a de ça 2 ans et 3 déménagements.
Depuis 3 mois, elles sont installées dans une maison avec un jardin. C'est pas Buckingam Palace, mais elles y trouvent leur compte (et moi aussi, accessoirement). Et ça, son père ne le sait pas. Elles ont changé leur voiture à cause de ça (bon, aussi parce que ça ressemblait de plus en plus à une épave roulante). Et ça, la grand-mère non plus ne le sait pas.
Cette famille, à part Pia et sa mère, font partie des gens qi n'ont rien d'autre de plus constructif à faire que de savoir tout ce qu'on leur cache, ouais en gros de mettre leur nez là où il faut pas. Et en plus de ça, ils ont un aplomb ! C'est franchement à mourir de rire...jaune.
Parce que l'histoire ne fait que commencer, mesdemoiselles et mesdemoiseaux.
Je vous raconte. Aujourd'hui, Pia et moi devions aller à Göttingen, une ville médiévale à 50km de Kassel. Seulement, voilà. Il n'y a pas de bus ni de train à destination de G. ne coûtant pas moins de 20€/personne. Bon. Ben on va rester une journée de plus à se tourner les pouces (Rhâââ en plus, c'est un W-E de 4 jours... Vraiment pas envie de rester à l'intérieur quand il fait beau...en Allemagne :D) . Ah, minute, y a Mamie qui nous invite à manger. Silence gêné. On y va ? On y va.
Il faut aussi savoir que Mamie et Papy sont propriétaires d'une bijouterie. À la gare. Attention, on joue dans la cour des grands. Le repas chez Mamie me paraît presque agréable, en dépit de la présence de sa cousine (Nicki l'obèse surprotégée) et de sa tante ([No-name] la spécialiste en sourires commerciaux). Cela dit, elles surnourissent, les Mamies en Allemagne. Une copine m'avait déjà raconté son aventure chez la grand-mère de sa corres' (j'ai dû oublier cette anectote lorsque j'ai approuvé le repas-chez-Mamie)... C'est très douloureux au niveau du ventre.
Maintenant, je me souviendrais toujours que, primo, il ne faut SURTOUT pas dire que tu as faim, sinon ils te déballent le frigo sous le nez en te disant "Oh, tu mangeras bien un petit quelque chose alors !", et que, secundo, il ne faut SURTOUT pas te resservir pour faire plaisir. Ils s'en chargent. Même si t'as pas envie de faire plaisir.
Brefouille, j'arrive dans le vif du sujet. La fin du repas arrive -enfin- et ma corres' veut aller blablater avec ses potes au bord d'un lac. Sauf que moi, j'ai l'estomac au bord des lèvres (il est tellement plein). Damned. Elle va devoir rentrer chez elle pour sa **** *** *** ** de corres'. Ah, mais non, Mamie se porte garante pour me ramener. Hahahaha. Tralalala. Sauf que j'ai pas mes clés. Bon, alors Pia me prête les siennes. Mais il faut que je les cache et qu'elle puisse les retrouver, si je veux dormir sans être réveillée et qu'elle puisse rentrer chez elle
Pia et sa mère habitent dans un petit village. Près de l'entrée du village très précisément. À chaque fois que M. nous ramène à la maison, Pia lui demande de s'arrêter à l'entrée du village pour qu'elle ne voie pas où elles habitent. Sauf que là. Moi, petite Française, n'ai pas le vocabulaire nécessaire pour dire "Hopopop, stop, la vieille, tu vas pas plus loin". Mamie fait bien trop vite le rapprochement "pas de vocabulaire -> débile mentale".
Mamie a tort. Mamie va se faire prendre à son propre jeu.
Car Mamie, ce jour-là, a décidé de me raccompagner devant chez moi. Je suis bien trop malade pour faire quelques pas. Mais ce que Mamie ne sait pas, c'est que Pia m'a expliqué au préalable qu'il faut se méfier dès qu'elle parle de quoi que ce soit qui trahisse ne serait-ce que le type de logement (exemple : est-ce que tes chats sortent ? Réponse de Pia : Non, c'est trop dangeureux. Car si Pia avait répondu "Oh, oui, bien sûr !", ces rapaces auraient fait la liaison "sortir = jardin = maison". Ouais, c'est tordu, hein). Je feins la malade, mais sous mes petits cheveux, mon petit cerveau (petit mais efficace xD) se met en marche. Mam' passe devant la maison. Elle me demande : "C'est là ?" Réponse : "Non, un peu plus loin."
Ca marche comme sur des roulettes. Mamie ne marche pas, Mamie court. Et tant mieux pour moi.
Arrivée près d'une pharmacie, je dis "Ah, c'est là". Mamie s'arrête, toute heureuse. Mais Mamie n'en a pas fini avec moi. Elle me dit, masquant avec peine l'excitation sur son visage et dans sa voix : "Et il faut que tu caches les clés !! Essaye sous la paillasson !!"
"Paillasson" = "Maison". Non.
Je réponds "Ouiii, je vais essayer, y'en a un grand en bas mais c'est pas à nous."
"En bas" = "En haut" = "Appart'".
Je gère la Fougère.
Je m'en vais pas la rue latérale. Par chance, cette rue est à sens unique et Mamie ne peut pas jouer les sangsues.
Voilà comment je suis rentrée "chez moi" fière de mon acte.
Pour une fois.
Même si cette histoire de famille est gerbative.